Rencontre avec François Gault, journaliste

Journaliste à Varsovie pour Radio France depuis plus de 15 ans, François Gault est un professionnel reconnu et confirmé. Il parle de son métier comme un plaisir et du coup, il n’a pas l’impression de travailler. Il aime les rencontres, le contact et écrire. Retour sur une carrière très remplie.

Francois

La naissance d’une vocation

Né le 11 avril 1933 à Orléans, François Gault a eu la vocation très tôt. Il a commencé à écrire dès l’âge de 8 ans. Il écrivait sur les sports et sur sa vie familiale. Pendant ses séjours chez les scouts, il fabriquait aussi le  du journal de sa troupe. Après le lycée, son père a accepté qu’il fasse des études de journalisme à condition qu’il écrive et qu’il publie un article avant, dans un vrai journal, comme pour montrer qu’il était capable. Alors, il a écrit un article sur un grand cuisinier des années 40 et cet article est paru.

A Paris, en 1951, il commence des études à l’Ecole Supérieure de Journalisme, ainsi qu’un cursus à l’Ecole des hautes études internationales et à l’Ecole des hautes études sociales. Il est diplômé en 1952.  Il devient alors journaliste professionnel à 20 ans, dans un journal de jeunes, Cœur Vaillant.

La carrière professionnelle

Il a vite trouvé un travail, ce qui était facile à l’époque ! Successivement, il devient journaliste à Témoignage Chrétien, Syndicalisme Magazine. Et par la suite à France soir,  la « Première chaîne de la Télévision Française » (future TF1), « Antenne 2 » (future France 2). Et aussi à 50 millions de Consommateurs, La Vie, L’Express et Le Point.  Pour ces différents journaux, il voyage en France et à l’étranger : Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Suède, Russie, Chine, Japon etc…
En août 1980, il arrive en Pologne comme correspondant pour la « Une », la Première chaîne de la Télévision Française. Le syndicat « Solidarnosc » fait  alors beaucoup parler de lui avec un certain Lech Wałęsa, leader des grévistes. Pendant ses reportages,  François Gault l’a rencontré et les deux hommes sont devenus amis. Le journaliste l’a aidé pendant l’Etat de guerre en lui ramenant de France des chaussures pour ses enfants ou des produits dont la famille a besoin, parce qu’à cette époque ils manquent dans le pays…

Fin  1983, il a quitté Varsovie pour se rendre au Japon,  avec son assistante polonaise qui allait devenir son épouse. Tous deux sont restés à Tokyo jusqu’en 1991.  François Gault a alors beaucoup voyagé en Asie du sud-est, en Corée du Sud, aux Philippines, en Chine… Il a notamment vécu la révolte des étudiants chinois en 1989. Il s’est d’ailleurs souvenu d’un groupe d’étudiants qui chantait la Marseillaise en chinois. Son reportage a eu beaucoup de succès !

Il est revenu en France en 1991 et au début de l’année 1993, il a rejoint Varsovie comme correspondant pour Radio France. La Pologne est devenue un pays libre depuis 1990. Lech Wałęsa est alors Président.

A plusieurs reprises, le journaliste français va encore l’interviewer et aussi d’autres dirigeants de « Solidarité » comme Bronisław Geremek. Il a également interviewé trois fois le général Jaruzelski (la dernière fois en décembre 2009) qui dirigeait la Pologne dans les années 80, à l’époque de la dictature. Et puis, surtout, dans ses reportages, il montre tout ce qui était entrain de changer en Pologne pour les Polonais.

Ces derniers jours, il a enregistré, avec son technicien, ses commentaires sur une conférence à Helsinki au sujet de la pollution en mer Baltique.

Une passion partagée

Dans les années 90, François Gault a fait profiter de son expérience (presse écrite, télévision et radio) à des jeunes élèves journalistes à Varsovie. Il leur a dit de rédiger dans un style court et facile pour permettre au plus grand nombre de comprendre, de distinguer les faits des commentaires et surtout de ne pas être malhonnête en écrivant des choses fausses ou approximatives. Le journaliste doit rechercher la vérité en recoupant ses informations. En 1998 et pour 18 mois, il a aidé des élèves du lycée français à publier leur journal Idées fixes (20 pages, 500 exemplaires à 1 pln le numéro).

A la question sur ses meilleurs souvenirs, François Gault ne peut pas répondre : « Mes meilleurs souvenirs sont trop nombreux ! » dit-il. Il a autant de plaisir à interviewer une personnalité qu’un citoyen ordinaire. Il travaille au rythme d’horaires décalés, bousculés et non fixes, mais cela ne le dérange jamais. Il aime le journalisme. Il aime écrire et bien écrire. Il aime comprendre le monde et donner aux autres les moyens de le comprendre.

Journaliste passionné donc, modeste aussi puisqu’il s’est bien gardé de dire qu’il avait été distingué comme Chevalier de la légion d’honneur en juillet 2007 à l’Ambassade de France pour sa carrière et son rôle actif dans les relations franco-polonaises.

Sa visite ayant été appréciée, un rendez-vous a été pris pour le mois de mars.

La classe des CE2-CM1