« 12 jours », un film de Raymond Depardon

Dimanche 10 décembre 2017, les élèves de première inscrits en option cinéma-audiovisuel ont découvert le dernier opus de Raymond Depardon. 12 jours était projeté dans le cadre de la 17e édition du festival international de films documentaires Watch Docs.

12 jours, un film de Raymond Depardon © Wild Bunch Distribution

L’œuvre cinématographique de Raymond Depardon est d’une cohérence rare, tant du point de vue formel que thématique. Son dernier film s’inscrit ainsi parfaitement dans la continuité d’un travail de documentariste commencé dans les années soixante qui rappelle sur le fond comme sur la forme celui de Frederick Wiseman ou de Nicolas Philibert.

Après Délits flagrants (1994) et 10e chambre, instants d’audience (2004), Raymond Depardon s’attache une nouvelle fois à montrer le fonctionnement de la justice dans un contexte qui rattache ce film à deux autres de ses œuvres précédentes : San Clemente (1982) et Urgences (1987). 12 jours c’est le délai au delà duquel tout patient interné en hôpital psychiatrique sans son consentement doit être présenté à un juge des libertés et de la détention. Le réalisateur rend compte du face à face entre le juge et le patient comme à son habitude : filmant ce huis-clos à l’aide de plusieurs caméras, le plus souvent en longs plans fixes, sans commentaire en voix off, en privilégiant la parole des personnes filmées. Cette démarche qui peut laisser perplexe le spectateur n’équivaut pas à l’absence de point de vue. Elle est la conséquence d’une position de principe, d’un souci de trouver la bonne distance « pour ne pas imposer un point de vue dominant et laisser le spectateur libre de se faire sa propre opinion ».