Rencontre avec Barbara Góra, rescapée de la Shoah

Mercredi 10 janvier 2018, des élèves de terminales ont rencontré au Musée de l’Histoire des Juifs polonais Barbara Góra, née en 1932 à Varsovie sous le nom d’Irena Hochberg et rescapée de la Shoah. Mme Góra a évoqué son enfance à Varsovie avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors qu’à l’âge de neuf ans, elle était obligée de se cacher pour échapper à la déportation. Elle a également évoqué les moments difficiles passés dans la clandestinité et la joie d’avoir survécu.

Rencontre avec Barbara Góra au Musée de l'Histoire des Juifs polonais – photographie : Andrzej Subko

Cette rencontre en préparation du voyage à Majdanek a fait l’objet d’un cours d’histoire inoubliable et a constitué un moment très émouvant, comme en témoignent les réactions ci-dessous.

« C’est en restant calme et en prenant du recul par rapport à son histoire que Mme Góra a décrit les événements qu’elle a vécus et qui font partie de l’histoire tragique de l’Holocauste. Dans l’image que j’avais précédemment de la Seconde Guerre mondiale, parmi les chiffres, les faits et les processus, sont apparus des personnes ordinaires, des situations et des sentiments. » (Julian Marel)

« Je ne m’attendais pas à ce qu’elle ait une attitude aussi positive, un sens de l’humour et du recul par rapport à son passé et à elle-même. Un sentiment de gratitude émanait dans ce qu’elle disait du fait qu’elle avait survécu, elle a souvent souligné le rôle du hasard dans sa survie. » (Nastazja Pinkosz)

« Il n’est pas ressorti chez elle de haine envers les Allemands ou d’autres personnes qui étaient négatives envers les Juifs. » (Weronika Pociej)

« Ce qui m’a surprise, c’est que malgré son jeune âge, elle ait réussi à se souvenir aussi minutieusement de tous les détails du passé. La trace que la guerre a laissé sur elle est évidente. » (Sarah Meftah)

« J’étais pleine d’admiration pour la sagesse des décisions difficiles qu’elle et sa famille ont dû prendre. J’ai été particulièrement impressionnée par le fait qu’à l’âge de 9 ans, elle a décidé qu’elle essaierait de quitter le ghetto et de vivre seule. Comme j’ai un frère qui a le même âge, cela m’a donné beaucoup à réfléchir. » (Paulina Jaskowska)

« Je pense que de telles rencontres sont des expériences enrichissantes, à la fois pour ceux qui écoutent et pour les intervenants. Mme Góra n’est pas une personne repliée sur elle, attendant la mort, mais elle essaie de nous transmettre la mémoire d’une vie passée. Il y avait en elle beaucoup d’émotions positives, ce qui montre qu’elle ne regrette pas cette période difficile. Elle est devenue une partie intégrante de sa personnalité et elle l’a aidée à grandir plus vite. » (Elisa Colantonio)

« À la fin de la réunion, j’avais l’impression d’avoir lu un roman intéressant. C’était un bon changement par rapport aux cours ordinaires. Ce roman avait un avantage particulier : il était raconté en direct ! Il apporte plus d’informations qu’un livre, car il montre aussi les émotions du conteur. Je suis heureux d’avoir eu la possibilité de rencontrer le passé de cette manière. » (Jan Viatteau)